23 août 2007
la phrase du jour
(bon, du jour mais pas d'aujourd'hui, ça date du 11 août, mais je n'avais pas eu le temps de vous en parler plus tôt)
George W. Bush, lors de la conférence de presse précédant le barbecue avec Nicolas Sarkozy dans la résidence de famille du Maine, répondant à un journaliste qui lui demandait de dire quelques mots en français :
"Non, je parle déjà à peine anglais".
Dans le texte :
JOURNALIST : Mr. President, could you say something in French?
PRESIDENT BUSH : No, I can't. I can barely speak English.
Comme dit l'amie américaine qui a vu à la télé et m'a rapporté l'anecdote, ça ne s'invente pas.
L'interview est ici dans son intégralité (pour les sceptiques, c'est le site de la Maison Blanche). Vous y apprendrez notamment que Mr Sarkozy a pu choisir entre un hamburger et un hot-dog, et qu'il y avait même de la tarte aux blueberries s'il en voulait. Passionnant.
09 août 2007
Tintin en Amérique
Je ne sais pas vous, mais moi j'ai été surprise d'apprendre que Mr Sarkozy repartait déjà en vacances. Pour le leader de la France qui se lève tôt et travaille plus, partir deux semaines au bord d'un lac américain à peine trois mois après avoir passé une semaine sur un yacht, ça fait un peu "je me la coule douce", non ? Surtout que sa première semaine de vacances, il l'a prise juste après sa prise de fonctions, et dans la réglementation du travail, on n'est pas censé prendre de vacances pendant la première année après l'embauche. Bien sûr, pour le président omnipotent c'est différent, la législation ne s'applique pas. En même temps quand on a des amis extrêmement riches qui nous invitent à passer des semaines à 18.000€ ou $30.000 dans leur sublimes propriétés, ce serait très malpoli de refuser. Et puis ça fait voir du pays aux journalistes (ça doit être super cool d'être un journaliste qui couvre l'actualité sarkopipole, on voyage dans des lieux de rêve tous frais payés... enfin, levons-nous tôt et travaillons plus pour pouvoir nous payer les mêmes vacances, d'après le gouvernement c'est comme ça que ça marche).
Mon autre surprise vient d'une petite phrase dans la déclaration de Mr Sarkozy, où il disait avoir choisi ce lieu de vacances parce que "c'est l'Amérique profonde, celle que l'on aime". On pourrait disserter des heures sur ces quelques mots (les médias ne s'en priveront pas, j'imagine). D'abord, qui inclut-il dans ce "on" ? Pas les Français j'espère, parce que merci, je suis assez grande pour parler toute seule, et justement moi je n'aime pas l'Amérique profonde. Sa famille ? ou seulement lui, employant le "on" comme un "nous" royal modernisé ?
Et puis, ne connaissant pas Wolfeboro, en lisant cette référence à l'Amérique profonde, j'ai cru naïvement qu'il était parti dans le MidWest (vous savez, cette région où même les Américains s'étonnent que des gens aillent tellement il n'y a rien). Or j'apprends que cette station balnéaire chic se situe dans le New Hampshire, près de Boston, soit sur la Côte Est, à seulement 5 ou 6h de route de NYC !! Qu'est-ce que Mr Sarkozy connaît de l'Amérique pour confondre la Côte Est et l'Amérique profonde ? Il devrait peut-être aller faire un tour dans la vraie Amérique profonde, là où les Français sont reçus à la carabine, on verra si "on" l'aime toujours autant !
Et puis, n'est-ce pas un peu ridicule de donner ce genre de justifications ? Pourquoi ne pas avouer la vraie raison de ce choix (outre une forte attirance pour le luxe et le tape-à-l'oeil), qui se trouve à quelques kilomètres de là : la résidence de vacances de la famille Bush... que, par hasard, les Sarkozy ont rencontrée au marché et qui les a invités à boire l'apéro (ou peut-être le thé puisque ni Mr Sarkozy ni Mr Bush ne boivent d'alcool, comme on l'a bien vu au G8). A moins tout simplement que Nicolas n'espère draguer Drew Barrymore pour faire bisquer Cecilia.
Mais non, il est là-bas tout simplement pour se détendre : piquer quelques têtes dans le lac, faire du bateau, jouer au punching-ball avec les têtes des journalistes américains qui ont malheureusement raté la conférence de presse pendant laquelle il avait annoncé ne vouloir aucun photographe à part ceux qui bossent pour les journaux dont il tire les ficelles. Des vacances à $30.000 la semaine, comme n'importe quel français qui se lève tôt et travaille dur, quoi...
Au fait, vous voulez visiter la maison de vacances des Sarkozy ? Le maître des lieux a fait faire le tour du propriétaire à une journaliste l'année dernière :
02 mai 2007
la photo du jour
Dimanche 22 avril, 20h et quelque, le JT de France 2 diffuse le discours d'après scrutin du candidat Sarkozy ; TV5 retransmet, comme chaque jour, ce JT sous-titré en anglais, à 19h heure de NYC.
Mr Sarkozy dit "j'invite tous les français à se rallier à moi" et le sous-titre traduit "to my inflated ego", autrement dit "à mon égo surdimensionné"... !!! "Des Français de New York ont fait un bond en lisant les sous-titres en anglais du discours prononcé par Nicolas Sarkozy", indique l'article sur LeMonde.fr . Une majorité de français vivant à NYC ayant voté pour Mr Sarkozy au premier tour (les banquiers avec le statut d'expatriés et le salaire qui va avec ont rarement le coeur à gauche), on se doute qu'ils n'ont pas apprécié la plaisanterie. Les autres ont bien ri.
Claire Quidet, chef de service de traduction de France 2, se dit horrifiée (il y a bien de quoi) et s'applatit dans les deux courriers qu'elle adresse à celui qui lui signale le souci. Elle assure qu'il ne s'agit que d'une blague de potache et surtout pas d'anti-sarkozisme (ce qui ferait très très mauvais genre à France 2, n'est-ce pas...) et se dépêche de virer le traducteur (avant que sa propre tête ne tombe, sans doute... peut-être a-t-elle eu droit à un "je me souviendrai de vous quand je serai président", menace que tant de journalistes disent avoir reçue ?). Le traducteur en question est Américain (preuve, selon Mme Quidet, qu'il ne peut s'agir que d'une plaisanterie). Moi, je trouve plutôt que certains étrangers, sans doute grâce au recul, ont une bien meilleure vision de nos politiques que (hélas) beaucoup de Français...
(crédit photo french morning new-york)
17 juillet 2006
un 14 juillet à New York
Ben oui, ici le 14 juillet n'est pas fête nationale, on n'a pas eu de feu d'artifice et la fête n'allait pas de soi. Heureusement, une amie nous a entraînés au café Florent, censé être un café français. Je vous le dis tout de suite: si les New-yorkais croient y manger français, ils se plantent grave. Ce café n'a de français que son patron, ledit Florent, roi (disons plutôt reine) des nuits new-yorkaises et qui se prend pour Marie-Antoinette. Et bien sûr, c'est toujours dans ces moments-là que la batterie de votre appareil photo vous lache... dommage, il y avait plein de photos à prendre!
Nous sommes arrivés juste après un concours de pétanque organisé par le champagne "Veuve Clicquot" (déçus d'avoir loupé l'événement, j'adore la pétanque, ça me rappelle mon enfance). Des danseuses de french cancan offraient le champagne en vous l'envoyant directement au fond de la bouche avec leurs pistolets en plastique... façon pas très française de le déguster, je vous l'accorde, mais rigolote. Puis les membres de la Granny Peace Brigade (brigade des mamies pour la paix) se sont installées sur l'estrade et ont massacré quelques airs populaires avec des textes anti-guerre. Ces femmes de, disons, 45 à 90 ans militent activement pour la paix, organisent des manifs, certaines étaient d'ailleurs sur une manifestation en Allemagne. On a même eu droit aux espions du gouvernement: au milieu de cette foule exubérante (gays, fêtards, danseuses de french cancan, drag-queens, mamies anti-guerre) deux types en costume (genre men in black sans les lunettes) scannaient la foule, avec leur petit micro accroché au col de leur veste. Inutile de vous dire qu'on les repérait facilement (nous on a fait profil bas, on n'a pas envie de retrouver nos photos affichées dans tous les aéroports. Quoique après tout, s'ils nous empêchent de revenir après les vacances, on serait trop contents de devoir rester en France!). On a commandé un verre de vin et là toute la culture vinicole américaine s'est exposée à nous: nous avons dit "white wine" et la serveuse a disparu sans nous demander QUEL vin blanc... ici du vin blanc, c'est du vin blanc, il n'y en a pas trente-six différents!
Puis nous nous sommes installés pour manger. Pour un restau français, je dois dire que la carte était très... américaine. Beaucoup de burgers. Et quand même, des rillettes. Nos voisins de table en ont commandées. Vous savez quoi? Ils les servent avec de la moutarde et étalent la moutarde sur les rillettes... no comment. Mais leurs steacks sont délicieux (ce n'est pas du Charolais, mais ça vaut le détour). A un stade avancé du repas (et de la bouteille de champagne qu'ils avaient commandée) des Français se sont levés et ont entamé la Marseillaise. Nos voisins nous ont encouragés à faire de même (je leur ai expliqué que je n'avais pas assez bu pour ça), se levant eux-même, la main sur le coeur (je leur ai expliqué que ça, c'est américain, pas français). Enfin les danseuses de french cancan nous ont fait une dernière chorégraphie tout en distribuant des petits papiers porteurs de messages écolos. Et là je me suis sentie très fière que les New-yorkais assimilent la France et l'écologie, oui! :o)
Si vous résidez en Allemagne ou recevez les chaînes de télé allemandes, peut-être nous verrez-vous bientôt: une équipe allemande a fait un reportage. C'est que nous faisons partie de la jet-set new-yorkaise, maintenant!
ps c'est pénible la photo qui ne veut pas s'afficher droit, hein... pourtant sur mon ordi, elle est dans le bon sens!
01 juillet 2006
il fait bon vivre en France!
Je pense que c'est une très bonne expérience que de partir vivre quelque temps à l'étranger, une fois dans sa vie, pour prendre du recul. Les Français sont râleurs mais ils le seraient certainement moins s'ils voyaient comment ça se passe ailleurs! Nous sommes vraiment chanceux d'être Français. D'abord parce que c'est un beau pays, avec une extraordinaire variété de paysages pour une superficie relativement petite, et un climat tempéré agréable. New York est située approximativement à la même latitude que la France, et le climat est très différent: tropical en été (un micro-climat dont je ne connais pas l'origine, je compte bien me renseigner) et continental très froid en hiver malgré la proximité de l'océan.
Et puis franchement, même si je vais en faire hurler plus d'un, le système social français est bon. Songez que nous avons droit automatiquement à une retraite, une assurance chômage, 5 semaines par an de congés payés. Chez nous les études sont gratuites. Bien sûr il y a des frais que tous ne peuvent malheureusement pas payer à leurs enfants, mais pensez qu'une année d'études dans une université américaine coûte facilement 50 000$, ce qui comprend les cours et la chambre partagée! Les Américains doivent mettre de l'argent de côté dès qu'ils commencent à travailler pour offrir des études à leurs enfants et se payer un jour une retraite. Ceux qui n'ont pas les moyens de mettre chaque mois une bonne partie de leur salaire de côté sont condamnés à travailler toute leur vie et leurs enfants ne feront pas d'études. Les Américains ont, selon les accords signés entre patron et syndicats, plus ou moins 15 jours de congés payés par an, et rare ceux qui réussissent à tout prendre. Mais cerise sur le gâteau, ils ont théoriquement droit à... quelques semaines de congés sans solde (qu'en général leur patron ne les autorise pas à prendre)!! Imaginez-vous, en France, renoncer à votre salaire quand vous partez en vacances? Nous, nous nous plaignons parce qu'en cas d'arrêt maladie nous perdons 3 jours! (que beaucoup d'employeurs prennent à leur charge, en plus). Ici il n'y a pas de sécurité sociale au sens où nous l'entendons en France. Une visite chez un généraliste coûte entre 100 et 150$, une simple prise de sang coûte plusieurs centaines de dollars. Tout le monde ne peut pas se payer une mutuelle. Par exemple mon mari paye 230$ de mutuelle par mois pour nous deux, ce qui veut dire que son employeur, l'université, paye beaucoup, beaucoup plus. (80%? 90%? je ne sais pas le chiffre exact). Un petit patron ne peut pas toujours offrir de tels avantages (qu'on appelle ici les "benefits") à ses employés, qui se retrouvent donc sans couverture. Si vous êtes hospitalisé aux USA, la première question qui vous est posée est "avez vous une mutuelle?". En cas de réponse négative, et si vous ne pouvez pas vous payer vous-même les frais exorbitants d'une hospitalisation, vous n'êtes tout simplement pas soigné.
Alors bien sûr en France, il y a des dysfonctionnements d'un côté, des abus de l'autre. Mais maintenant je critique beaucoup moins mon pays. Et je ne vous parle pas de la qualité de la bouffe, point sur lequel France et USA sont absolument incomparables!
24 juin 2006
sortez votre débarbouillette
A New York, France=Paris=Guerlain=so chic. Pour le reste des USA, je ne sais pas, car comme on dit, "New York n'est pas l'Amérique", mais ici c'est bien vrai. Les gens sont tout contents d'apprendre que nous sommes Français (genre "j'en ai vus en vrai"). Une femme l'autre jour dans l'ascenseur s'extasiait sur ma jupe. Sur un ton d'excuse je lui ai dit qu'elle vient de France (sous-entendu, désolée je ne peux pas vous indiquer la boutique pour que vous achetiez la même). Elle est devenue hystérique "naaaan, c'est pas vrai, c'est encore mieux, elle est encore plus beeeeelle!".
Hier en cherchant un savon, je regardais la compo de ce gel-douche de la marque Dove. Quand un produit veut faire un peu plus chic (notamment un produit cosmétique), les indications de l'emballage sont traduites en français. Ce n'est pas pour l'exportation, le packaging est différent en France, non c'est bien pour ajouter une plus-value au produit. Et parfois les traductions sont un peu cocasses. J'ai trouvé celle-ci particulièrement chou (lisez la partie mode d'emploi):





