Une Française à New York

Des chroniques sans complaisance sur NYC, pour rompre avec le stéréotype "NYC c'est génial". Parce que ce n'est pas si génial que ça, en vrai.

06 août 2006

Code da Vinci: l'enquête -Marie-France Etchegoin et Frédéric Lenoir

enqueteJ'ai fini par lire le fameux Da Vinci code de Dan Brown. Les thèmes de ce roman auraient dû m'attirer dès sa sortie mais le tapage médiatique m'avait plutôt fait fuir... Le mois dernier finalement, je l'ai lu. Même si je n'ai pas du tout apprécié l'esprit anti-français des premières pages, j'ai bien aimé l'intrigue et j'ai trouvé que l'auteur posait des questions intéressantes, surtout sur la place de la femme dans la religion, un sujet qui me passionne. Mais, malgré les affirmations de la préface, il me semblait évident que Dan Brown avait aussi beaucoup fabulé et qu'il me faudrait lire des ouvrages plus sérieux pour démêler les vérités historiques des pures inventions romanesques. Pour tout lecteur qui, comme moi, aime savoir si ce qu'il a lu est vrai ou pas, la lecture de l'enquête de Marie-France Etchegoin et Frédéric Lenoir s'avère indispensable. Les auteurs ont vérifié toutes les allégations de Dan Brown, ont mis en évidence les anachronismes et énormités du roman, montrant que le romancier lui-même n'a pas mené une enquête très sérieuse pour préparer son livre. Ils ont recherché la vérité sur le Prieuré de Sion, sur l'Opus Dei, sur les textes sacrés sur lesquels Dan Brown appuie la thèse de ses personnages, sur les lieux du roman, etc. Ils se sont même amusés à décoder ce roman dont l'auteur lui-même aime décoder d'autres oeuvres, pour deviner où Dan Brown a trouvé ses informations.

Cet essai est bien écrit, abordable par tous. L'enquête est sérieuse, avec une biographie détaillée et un glossaire bien utile ainsi que des photos des lieux, des tableaux, etc, cités. Cette lecture est tout-à-fait passionnante et, non seulement on y fait la part des choses quant aux affirmations du Da Vinci code, mais on y apprend encore beaucoup plus sur les thèmes du roman... A lire absolument.

(Points, 2004, environ 230 pages)

PS. Marine: merci de m'avoir conseillé ce titre, c'est exactement ce que je cherchais!

Posté par sophiepw à 02:56 PM - lectures - Commentaires [16] - Rétroliens [0] - Permalien [#]


04 août 2006

Balzac et la Petite Tailleuse Chinoise -Dai Sijie

imgupload

Nous sommes en Chine, au début des années 70. Le narrateur (dont le lecteur ne connaîtra jamais le nom, ne sachant pas si le roman est autobiographique ou non) et son ami Luo sont deux adolescents citadins condamnés à être "rééduqués" dans un village communiste. Leur crime: être issus de familles cultivées, et être allés à l'école. Un jour, ils ont accès à des livres interdits: des traductions de Dumas, Balzac, Baudelaire, Hugo... Ils vont découvrir la vie, les filles, le désir, et rêver d'aventure grâce à ces romans d'apprentissage, et s'en servir pour transformer la Petite Tailleuse, dont ils sont tous deux amoureux, en une jeune fille cultivée. Jusqu'à ce que le piège des personnages de Balzac se referme sur le trio.

Balzac et la Petite Tailleuse chinoise est un roman frais et exotique. Une histoire simple qui se lit en quelques heures, pas particulièrement bien écrite, mais dont je me souviendrai sans doute très longtemps...

(Folio, 2000, environ 220 pages)

Posté par sophiepw à 08:00 AM - lectures - Commentaires [5] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

02 août 2006

PS: I love you -Cecilia Ahern

book_ps_aus Holly est une jeune veuve d'à peine 30 ans. Sa vie tournait essentiellement autour de Gerry depuis l'âge de 14 ans, elle formait avec lui un couple parfait. Mais Gerry est mort et Holly ne sait pas si elle pourra continuer à vivre sans lui. Jusqu'à ce qu'elle reçoive un paquet, contenant 10 lettres que son époux lui a écrites peu avant de mourir. Dans chaque lettre, Gerry exige que Holly accomplisse une action précise, pour faire un pas de plus en avant, pour ré-apprendre à vivre. Et c'est ce qu'elle va faire, avec l'aide de ses amis et de sa famille, galerie de personnages tendres et drôles.

Ce roman est poignant car nous sommes tous des Holly potentiels. Nous axons tous notre vie autour des êtres qui nous sont les plus chers, mais à chaque instant notre monde risque de s'écrouler tant la vie de ces êtres est fragile. Nous nous reconnaissons tous en cette femme soit parce que nous avons vécu les mêmes épreuves, soit parce que nous savons que son histoire peut être la nôtre demain.

Et puis ce roman est un bijou, parfaitement écrit avec un style délicieux: on pleure et on rit, l'auteur sait garder un ton juste et léger.

Pour la petite histoire, Cecilia Ahern est la fille du premier ministre Irlandais et n'avait que 24 ans lors de la sortie de PS: I love you.

(Hyperion, 2004, 470 pages)

Posté par sophiepw à 08:00 AM - lectures - Commentaires [13] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

06 juillet 2006

La Belgariade et la Mallorée -David Eddings

belgariade4 A la lecture de mes derniers billets concernant des livres, vous risquez de me trouver bien critique, de me prendre pour une "jamais contente". Pour contre-balancer cette impression, laissez moi vous parler d'une série romanesque qui ne m'a pas déçue, elle.
La Belgariade (6 tomes) est une épopée fantastique tout ce qu'il y a de plus classique. David Eddings est parti d'une carte qu'il a dessinée, représentant un monde imaginaire. Il a créé, avec sa femme, des nations, des peuples très typés (d'aucuns diront caricaturaux, oui, peut-être), des dieux, et deux prophéties qui s'affrontent. Le thème est très manichéen: les deux prophéties sont en tout points opposées, telles le yin et le yang, le bien doit triompher du mal ou le monde sombrera dans le chaos...
Les personnages sont archi-classiques aussi: un sorcier plusieurs fois millénaire et extrêmement puissant, sa fille tout aussi redoutable, un jeune garçon qui croit n'être qu'un garçon de ferme et qui ne comprendra qu'une fois le fait accompli qu'il est roi des rois et le personnage central d'une grande aventure visant à sauver le monde, un voleur-espion, de valeureux chevaliers, etc etc. L'histoire est souvent qualifiée de prévisible, et c'est vrai. Et pourtant, quand on a commencé la lecture de la Belgariade, on l'arrête 6 tomes plus tard avec une sensation de pas assez. Pourquoi? Parce que Eddings a un style incomparable.
Ancien militaire, l'auteur s'y connaît assez dans ce domaine pour écrire des récits de batailles qui vous prennent aux tripes. Le lecteur est vraiment dedans. De plus il nous fait partager les stratégies des différents rois impliqués dans l'aventure, c'est tout-à-fait passionnant. Par ailleurs le style d'écriture est simple, lisible, fluide. On ne sent pas cette pointe de prétention présente dans les récits de Tolkien. Eddings évite l'écueil des longues descriptions ennuyeuses et ses dialogues sont pleins d'humour, voire caustiques. Et ses personnages sont extrêmement attachants.
Oui, l'histoire est prévisible, évidemment: vous imaginez une épopée fantastique à l'issue de laquelle le bien ne triompherait pas? Soyons sérieux: oui, les gentils gagnent, bien sûr! N'empêche que, une fois la Belgariade terminée, on n'a qu'une envie: attaquer la Mallorée. Et pourtant, cette deuxième saga (5 tomes) est encore plus prévisible: les mêmes personnages, les deux mêmes prophéties qui s'affrontent toujours mais cette fois pour la dernière fois... Mais c'est tout aussi réussi, les dialogues continuent à faire mouche, les batailles sont toujours aussi réalistes, et de nouveaux personnages viennent compléter la communauté. Quand on referme le dernier tome de la Mallorée, on sait que cette fois l'histoire est terminée, mais on ne peut pas s'empêcher de se dire "et si..." et d'espérer une troisième aventure!


Posté par sophiepw à 01:27 AM - lectures - Commentaires [4] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

05 juillet 2006

Until I find you -John Irving

1400063833.01._ss500_sclzzzzzzz_v1118110473_ Décidément, question lecture, je vais de déception en déception (je vous donnerai bientôt mon avis sur le livre que le monde entier a adoré). Mais concentrons-nous sur Until I Find You.

C'est l'histoire de Jack Burns, fils d'une artiste tatoueuse et d'un organiste. Le père de Jack, coureur de jupons notoire, a abandonné Alice lorsqu'il l'a sue enceinte. Alors que son fils a 4 ans, Alice décide de partir à la recherche de son ex-petit ami pour le mettre en face de ses responsabilités. Pendant un an, mère et fils vont parcourir l'Europe du nord, d'église en église (puisque l'homme est organiste) et de salon de tatouage en salon de tatouage puisqu'il est "tatoo-addict". Mais toujours, William leur échappe... Alice repart donc au Canada avec son fils qu'elle inscrit dans une école de filles qui entrouvre pour la première fois ses portes aux garçons, persuadée qu'il sera en sécurité au milieu de filles. C'était sans compter sur la rencontre de Jack (5 ans) avec Emma (12 ans), petite perverse qui voit en l'enfant le digne fils de son père (c'est à dire un "sex-addict") et compte bien s'en servir pour assouvir ses propres pulsions. Voilà où j'en suis, Jack a 8 ans et Emma 15 (1/4 du livre soit un peu plus de 200 pages).

Je trouve que John Irving est allé trop loin. Bien sûr, ses romans sont toujours à forte teneur érotique, je les déconseillerais plutôt aux âmes pudibondes. L'apprentissage sexuel du héros, la plupart du temps avec une femme plus âgée, tient toujours une place importante dans le livre et façonne la suite de l'histoire (un autre facteur important étant l'absence du père). Mais jusqu'à maintenant, Irving abordait ce sujet lorsque son personnage atteignait, disons, un âge "raisonnable" sinon l'âge adulte. Dans Until I Find You, l'éducation sexuelle de ce gamin de 8 ans, par une adolescente de 15 ans, me met extrêmement mal à l'aise. Ai-je basculé irrémédiablement dans la pudibonderie? Deviens-je un vieux crouton? Ai-je tort de m'offusquer de ces scènes de touche-pipi malsain détaillées à loisir? Toujours est-il que comme lecture de chevet, j'ai déjà vu mieux. Alors que faire? Sauter quelques chapitres pour reprendre une fois le héros adulte (le livre promettant de n'être qu'une succession de scènes de sexe, mais au moins les protagonistes n'en seront plus des enfants)? M'accrocher, passer outre mon dégoût, et avancer ma lecture? Abandonner, encore une fois, le livre (j'aimerais bien trouver un livre qui donne envie d'être lu jusqu'à la fin!)? Irving me déçoit énormément, c'est la première fois qu'il me choque.
Si vous avez lu (ou êtes en train de lire) ce roman, j'aimerais vraiment avoir votre avis sur la question...

Posté par sophiepw à 11:48 PM - lectures - Commentaires [5] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

26 juin 2006

Shopaholic takes Manhattan -Sophie Kinsella

0385335881 Je voulais lire un roman léger, au vocabulaire abordable, pour m'entraîner encore un peu à la lecture en anglais avant d'attaquer Irving. J'ai pensé aux livres de filles, qu'on lit à la plage. Ces histoires légères d'amour, d'amitié, de potins et de shopping... ces histoires de filles, quoi. J'ai choisi Shopaholic takes Manhattan parce que en plus, j'allais apprendre des choses sur Manhattan (principalement sur les boutiques de Manhattan). J'ai commencé ce livre un soir, et le ton m'a plus: drôle et léger. Je m'attendais à passer un bon moment. Mais dès le lendemain j'ai constaté que ma lecture devenait pénible: soit on prend cette histoire de façon superficielle et elle est vraiment futile (parce que quand même, il n'est vraiment question que de shopping...), soit on essaye d'imaginer que l'auteur a voulu faire passer un message mais lequel? "Le shopping c'est pas bien"? "Regardez ce que vous allez devenir si vous continuez à faire du shopping"? Rapidement, de sympathique l'héroïne devient pathétique. Le pire c'est que le roman étant écrit à la 1e personne, vous avez vraiment l'impression que cette fille est devant vous et vous raconte sa vie. et vous avez envie de la secouer: mais trouve toi quelque chose à faire dans la vie, bon dieu!! Et finalement, vous n'avez plus envie de la voir, parce qu'une fille qui ne pense QUE à ses prochains achats, n'est quand même pas une personne bien intéressante.
Je me suis retrouvée dans le métro avec le livre dans mon sac, et j'ai été prise d'une angoisse à l'idée de le sortir. Finalement je me suis dit, je ne suis pas obligée de le lire. C'est vrai, je n'ai ni fiche de lecture à rendre, ni dissertation à écrire, je lis pour mon plaisir. Donc si je n'éprouve pas de plaisir à lire ce livre, je n'ai qu'à le laisser tomber... Et c'est ce que j'ai fait. Et je me suis sentie drôlement soulagée.

Posté par sophiepw à 12:55 PM - lectures - Commentaires [7] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

23 juin 2006

The price you pay -Ashley McConnell

0451457269.01._bo2_204_203_200_pisitb_dp_500_arrow_topright_45__64_aa240_sh20_sclzzzzzzz_ Je suis fan de la série Stargate SG1. J'en entends déjà ricaner, passez votre chemin, ce billet s'adresse aux amateurs de science-fiction (pourquoi ceux qui n'apprécient pas ce genre se sentent souvent obligés d'en mépriser les amateurs?). Par ailleurs j'aime lire, et ici aux USA je n'ai guère le choix, je dois lire en anglais. Les bilingues s'insurgent déjà: on ne saisit les subtilités d'une oeuvre littéraire que dans sa version d'origine. Sans doute, mais jusqu'à présent je ne pense pas maîtriser la langue d'Irving au point de le lire dans le texte d'entrée de jeu (pour ceux qui suivent, j'ai trouvé son dernier roman, au passage), et lire en anglais pour chercher un mot sur trois dans le dictionnaire, merci bien, ça gâche quelque peu le plaisir.
J'ai donc cherché, pour commencer, un roman facile à lire, avec un vocabulaire abordable. L'idéal pour limiter la difficulté était de lire un roman issu d'une série dont je connais déjà les personnages et la trame de fond... suivez ma pensée, c'était l'occasion de lire les romans basés sur la série SG1. J'ai donc acheté "The price you pay" d'Ashley McConnell. Pour être honnête mon choix a été vite fait: c'était le seul disponible dans la boutique de science-fiction Forbidden Planet (Broadway/12th St).
Dans "The price you pay" (dont l'histoire se situe au cours de la 1e saison), l'équipe SG1 débarque sur une planète visiblement pacifiste, M'Kwethet, qui ne craint pas les Goaul'ds. Rapidement on découvre que M'Kwethet s'assure la paix en envoyant régulièrement un tribut à Apophis, sacrifiant quelques-uns de ses enfants pour offrir la sécurité au reste du peuple. Bien sûr O'Neill et son équipe voient là un sacrifice barbare et tentent de convaincre le gouvernement local qu'il y a moyen de se battre pour rester libre. Mais qu'est-ce qui vaut mieux, envoyer 20 adolescents au sacrifice, ou tout un peuple au combat? Par ailleurs, un problème se pose vite à l'équipe alors que, comprenant que les négociations sont impossibles, elle veut rentrer au SGC: la porte de ce monde ne dispose pas de DHD... SG1 semble prise au piège.
Ce roman est très bien écrit, le lecteur est tout-de-suite pris dans l'action. Les personnages sont bien respectés et la psychologie de Jack et Daniel est développée. C'est la force d'un roman par rapport à un scénario, les pensées des personnages peuvent être beaucoup plus développées. Par ailleurs, l'auteur propose des réponses à des questions que je me pose depuis bien longtemps et que la série télé a toujours laissées de côté (peut-être se les est-elle posées aussi!). Par exemple, par quel miracle SG1 débarque-t-elle toujours sur des planètes dont les habitants parlent anglais?
Comme chaque épisode de la série TV, ce roman pose une question morale, ouvre un débat, et nous laisse réfléchir... comme quoi, Stargate SG1 c'est aussi une série philosophique :o) (comme souvent en science-fiction, d'ailleurs...).
En conclusion, pour les fans de la série, ces romans sont un excellent moyen de prolonger le plaisir quand on a épuisé les DVD, et de combiner ce plaisir à celui de la lecture. A bon lecteur...

Posté par sophiepw à 11:22 PM - lectures - Commentaires [5] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

19 juin 2006

aaaaaaaaaaaaaaahhhhhhhhhhhhhhh

0345479726.01.lzzzzzzz Je viens de trouver ça! Il est sorti le mois dernier!! Un mauvais point décerné à la Columbia University Bookstore (groupe Barnes & Noble) qui ne l'avait pas, le mois dernier justement, quand j'ai exploré leur rayon Irving. Le délai moyen observé entre deux romans de John Irving est à ma connaissance de 4 ans. Là j'espérais moins, car lorsque La Quatrième Main est sorti en 2002, un autre roman était déjà bien avancé (celui-ci ou un projet abandonné depuis?). Mais non, j'ai dû attendre 4 ans. et puis je l'ai vu annoncé sur des sites de fans pour juillet 2005. Imaginez, un an que j'arpente les librairies en vain. Mais il est là. Demain je file à la librairie, et s'ils ne l'ont pas, amazon.com.

Si vous êtes vous aussi des inconditionnels de John Irving, soyez gentils, répondez en commentaire à mes deux questions:
1. Quel est votre titre préféré? (éventuellement, pourquoi?)
2. Donnez moi des noms d'autres auteurs que vous aimez aussi. Pour ma part, je ne peux que vous conseiller David Lodge, Stephen Fry, Kate Atkinson, Joseph Conolly. J'ai retrouvé chez ces quatre auteurs des caractéristiques communes avec Irving, pas toujours les mêmes. D'ailleurs je file faire une recherche, il y a longtemps qu'ils n'ont rien sorti à ma connaissance, eux non plus...

Posté par sophiepw à 10:49 PM - lectures - Commentaires [8] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
« Accueil  1