Une Française à New York

Des chroniques sans complaisance sur NYC, pour rompre avec le stéréotype "NYC c'est génial". Parce que ce n'est pas si génial que ça, en vrai.

03 janvier 2008

les candidats républicains

754526_923496Je voulais vous faire le portrait de Rudy Giuliani qui il y a encore peu était le candidat républicain le plus populaire dans son camp. Je voulais vous parler de lui tout particulièrement parce que Giuliani n'est autre que l'ex-maire de NYC, celui qui a fait chuter la criminalité au taux le plus bas du pays et qui est considéré comme l'un des héros du 09.11 à égalité avec les pompiers. Seulement voilà, après les caucus qui se sont achevés hier, j'apprends que Giuliani a chuté dans les sondages, rattrapé par son libéralisme trop provocateur. Il faut dire que Mr Giuliani a commis par deux fois le péché, que dis-je, le crime de divorcer. Et, pire, ose avouer son amitié pour des individus homosexuels. Sans compter que, s'il se dit personnellement opposé à l'avortement, il estime que chaque femme devrait avoir le droit de décider elle-même de sa vie et de son avenir, ce qui lui vaut d'être traité d'assassin par les républicains les plus durs, ceux-là mêmes qui trouvent que Bush, lui, n'a rien d'un assassin quand il envoie les soldats américains tuer et se faire tuer en Irak. Donc pour Giuliani, a priori, ça a l'air un peu mort.
Le nouveau candidat chéri des partisans républicains s'appelle Mike Huckabee. C'est un pasteur baptiste de 52 ans, récemment gouverneur de l'Arkansas et désigné comme l'un des cinq meilleurs gouverneurs du pays. Certes, Huckabee a mis en place une couverture santé en faveur des enfants issus de milieux défavorisés, et a beaucoup contribué à la lutte contre l'obésité. Mais c'est aussi un ultra-conservateur qui milite pour la vente et le port d'armes et se bat contre le droit à l'avortement et contre les droits des homosexuels. Il y a quelques années il a même proposé une loi visant à parquer les séropositifs dans des camps pour les empêcher de propager la maladie. Il remet également en cause (comme beaucoup de chrétiens américains) la théorie de l'évolution de Darwin au profit de la théorie créationniste (eh oui, cela fait toujours un choc de l'apprendre mais dans une société dite avancée comme les USA, une grande partie de la population croit dur comme fer que le bon dieu a créé la terre en 6 jours !). C'est un chrétien qui veut mettre dieu et la foi encore plus au coeur de la politique, d'ailleurs son slogan de campagne est "famille, foi et liberté" (le terme de liberté, dans l'esprit des républicains, étant plutôt à entendre dans le sens de liberté économique et de liberté de consommation et de port d'arme).
Pour vous donner une idée en images du personnage, je vous propose de visionner son spot publicitaire de campagne qui met en scène Chuck Norris (vous savez, Walker Texas Ranger ou l'incarnation de la plouquitude américaine). Je vous laisse juger par vous-mêmes, cela se passe de commentaires.
Moi qui disais que même si le parti républicain passe, ce sera toujours un progrès après Bush, voilà que je n'en suis plus du tout sûre...

Posté par sophiepw à 06:50 AM - un peu de politique - Commentaires [8] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

28 novembre 2007

les élection américaines

arton617_eb4e4L'année 2008 va être chargée aux Etats-Unis puisque vont se dérouler les élections présidentielles qui mettront fin au mandat de G. W. Bush. Mais qui lui succèdera ? D'après les journaux, jamais les pronostics n'ont été aussi incertains à un an de l'issue de l'élection.

Mais avant de parler des candidats, décryptons un peu le système électoral américain. Vous le savez, les américains n'élisent pas leur président au suffrage universel direct comme nous, mais par le biais de grands électeurs, un système qui a montré ses limites lors des dernières élections : je vous rappelle que G. W. Bush n'a pas été élu en 2000 par le peuple mais par trois juges... ce qui fout un coup dans l'aile de la démocratie ! En 2004, les choses étaient moins brouillées mais des problèmes de comptage (notamment en Ohio) semaient encore le trouble. Entre les cartes illisibles ou prêtant à confusion et les votes des expatriés envoyés par courrier et qui arrivent trois semaines après la proclamation des résultats, il y avait des choses à revoir. On aurait donc pu s'attendre à ce que le système soit remis en cause et modernisé, mais il est visiblement trop difficile à réformer... et la prochaine élection se déroulera, sauf erreur de ma part,   comme les précédentes. Espérons donc que le 15 décembre 2008, on n'aura pas droit à quatre annonces successives et contradictoires.
Je citais plus haut les bulletins envoyés de l'étranger, savez-vous à ce propos que les Américains ne connaissent pas le vote par procuration ? Tous mes interlocuteurs étaient étonnés au printemps dernier lorsque je leur expliquais avoir voté de la sorte.
Et puis précisons que les Américains ne votent pas seulement pour un président mais pour une liste incluant notamment un vice-président, contrairement à nous qui avons toujours la surprise du choix des membres du gouvernement, une fois le président élu.

Les élections américaines commencent avec un premier tour que l'on appelle les primaires, qui consiste en un vote du peuple pour désigner le candidat de chaque parti. Ce vote se fait état par état et donne lieu à toute une stratégie de campagne : en effet, bien qu'aujourd'hui les média apportent beaucoup en terme de communication, il est important de se rendre aux caucus (les assemblées des électeurs) pour se rendre populaire, et il est clair que chaque candidat doit faire des choix, ne pouvant aller faire campagne dans chacun des 50 états.
Selon les états, les primaires sont fermées ou non : lors de primaires fermées, il faut être inscrit au parti pour voter pour le candidat de ce parti, mais si les primaires sont ouvertes chacun peut voter pour le candidat de chaque parti ! Exactement comme si, bien que de tendance socialiste, vous votiez pour désigner le candidat de l'UMP.
Notons au passage que toutes les élections ont lieu des mardis. On désigne par SuperTuesday (supermardi) le jour où le plus de primaires se déroulent en même temps.
Une fois les primaires passées, il ne reste qu'un candidat par parti, et il est temps pour lui de désigner ses colistiers, particulièrement le vice-président qui doit apporter des votes au président, notamment auprès des nombreux américains qui déclarent n'être ni républicains ni démocratent et votent plus pour une personnalité que pour un parti.
En milieu de campagne, soit en juillet, ont lieu les grandes conventions de partis dont vous avez forcément vu des images à la télévision, ne serait-ce que les fameux lâchers de ballons tricolores. Au cours de sa convention le candidat est officiellement désigné par son parti, annonce son programme officiel, casse beaucoup de sucre sur le dos de son adversaire (vous savez qu'aux USA la publicité comparative est autorisée... cela ne concerne pas seulement les barils de lessive !), se fait soutenir par des personnalités médiatiques, le tout lors d'un grand show à l'américaine (le show de Sarkozy animé par Enrico Macias à Bercy, à côté, c'est de l'amateurisme).
Puis avec l'automne vient le temps des débats. Il est à noter que tout au long de ces campagnes, on n'a évidemment pas que deux partis candidats (républicain et démocrate), et pourtant seuls ces deux-là sont médiatisés, au point que les débats publics les plus importants ne sont organisés qu'entre eux deux ! Plusieurs débats ont lieu entre les candidats à la présidence, organisés selon les thématiques de campagne (un débat pour le social, un débat pour la politique étrangère, notamment les questions liées à la guerre...), ainsi qu'un débat entre les candidats à la vice-présidence.
Après les débats, les journaux annoncent leur soutien... ok, en France on sait bien que tel journal est plutôt de droite ou franchement de gauche, mais une certaine objectivité reste de mise. Aux USA, chaque grand journal annonce officiellement son soutien à l'un ou à l'autre des candidats ! Et comme là-bas la personnalité compte souvent plus que le parti, rien ne dit que tel journal soutiendra forcément tel candidat parce qu'il est de tel parti, cela se joue réellement sur la campagne et les retombées des débats.
Enfin, en novembre, chaque citoyen se rend aux urnes pour voter au suffrage indirect. Chaque état se voit allouer un certain nombre de grands électeurs selon sa population. Dans chaque état, le candidat qui arrive en tête raffle tous les grands électeurs : ainsi si le candidat alpha gagne un état avec disons 43% des voix (je vous rappelle qu'il n'y a pas seulement deux candidats, on peut donc très bien arriver en tête sans avoir la majorité pour autant), et que cet état a 17 grands électeurs, ces 17 grands électeurs voteront tous obligatoirement pour le candidat alpha. Ce système est censé permettre à chaque état d'être réellement représenté, de façon à ce que même un petit état ait son mot à dire dans l'élection. Mais la dérive, et c'est ce qui est arrivé en 2000, c'est que le résultat final de l'élection ne corresponde pas à la tendance populaire. Ainsi G. W. Bush avait certes la majorité des voix des grands électeurs, mais c'est Al Gore qui avait la majorité du vote populaire ! Si cette dramatique situation ne s'est pas reproduite en 2004 (de peu), rien ne dit que cela n'arrivera pas à nouveau.

Voilà, j'espère avoir été assez claire dans mes explications, et ne pas avoir commis d'erreur, mais le système électoral américain est si compliqué que certains Américains eux-mêmes ont du mal à en comprendre toutes les subtilités... Bientôt je vous parlerai plus en détail des candidats de 2008.

Posté par sophiepw à 04:12 AM - un peu de politique - Commentaires [12] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

24 avril 2007

la photo du jour

20attorneys_600Sans entrer dans les détails, le monsieur à droite s'appelle Alberto R. Gonzales et est un personnage important de l'administration Bush : l'attorney general, autrement dit le ministre de la justice. Il est accusé d'avoir viré 8 procureurs généraux pas franchement pro-Bush, parce que ceux-ci enquêtaient sur une affaire qui pouvait causer du tort à Bush ou à ses proches politiques. Là du coup, ça chauffe un peu pour lui. Son leitmotiv : "je n'ai rien à cacher". Le jour de la photo, il se justifiait justement devant le Sénat. La jeune femme en rose a pu entrer sans problème à cette audience publique, sans se faire remarquer puisque sa banderole en tissu était pliée dans sa poche ; elle a réussi à la brandir au bon moment car justement Gonzales incline le visage vers la droite, semblant réfléchir, et la bulle de BD semble nous livrer sa pensée : une caricature ou un montage photo n'auraient pas fait mieux ! (la bulle dit "je n'ai rien à cacher... sauf la vérité").
Pour en savoir plus, lisez l'article du NY Times ici (en anglais).

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(crédit photo Doug Mills/The New York Times)

Posté par sophiepw à 11:49 AM - un peu de politique - Commentaires [1] - Rétroliens [0] - Permalien [#]



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